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8 mai 2020 : APARIGRAHA, se détacher pour devenir sa priorité


S’attacher. M’attacher. Nous attacher. Se détacher. Me rencontrer. Nous libérer. Il est vrai que l’attachement a quelque chose de sécurisant, de rassurant. On a tendance à penser que si l’on est bien attaché, on ne risque pas de se perdre. Et ainsi, nous balisons notre vie de nombreux attachements.

Nous nous attachons aux autres, à nos blessures d’enfance, à nos croyances, à nos biens matériels, créant ainsi un lien de dépendance qui nous donne l’impression d’être rassuré mais qui, au bout du compte, nous emprisonne. L’attachement nous éloigne de nous-mêmes. Et pourtant c’est si doux. Comme le sucre : c’est doux, cela enivre le cerveau. Mais comme toutes choses dans la vie, l’attachement est confronté à l’impermanence.

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Quoi de mieux que de se rencontrer, de se retrouver, être mise à nue, cœur et âme pour se comprendre, pour se détacher ? Et ce détachement nous pouvons le rencontrer grâce au yoga, grâce à APARIGRAHA. Ce Yama (être en société) désigne l’absence d’avidité, du sens de possession. C’est le mouvement même de la respiration. Inspirer, être prêt à tout prendre, à tout accepter, à se nourrir de tout. Expirer, être prêt à tout rendre, à tout donner.

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APARIGRAHA nous amène à prendre de la distance et à se détacher. Il nous aide à réaliser que nous ne sommes pas attachés en tant que telle à une personne. Nous sommes attachés à l’idée que nous nous en faisons. Attachés à nos attentes vis à vis d’elle. Ce n’est pas la personne qui nous déçoit. Ce sont nos attentes qui ne sont pas remplies. Nous devons faire la lumière sur nos attentes. Savoir pourquoi elles sont là pour les dissiper petit à petit.

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Et ce travail demande du courage. Celui de regarder son MOI en face, de regarder les blessures qui ont cicatrisés, d’y plonger pour les panser. Et il y a cette peur, celle de regarder en face, ses profondeurs les plus noires, et d’y chercher, d’y poser la lumière. Comprendre qu’il n’y a de place ni pour la dépendance, ni pour l’attachement. Ce travail est tout sauf simple. Il prends aux tripes. C’est de soi à soi. C’est un travail honnête. Honnête vis à vis de soi et vis à vis de l’autre. C’est un travail d’amour.

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Un travail d’amour qui laisse place aux doutes, à la peur. Celle de lâcher prise sur soi pour se « détacher ». Celle d’oser se libérer pour ne plus s’accrocher. Celle de s’abandonner pour devenir sa priorité.

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