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27 juillet 2021, La sensibilité



Devenir sensible. Avec l’impression d’être un morceau de papier de soie. À la fois si léger et englué. Vivre intensément les vols en altitude et les descentes vers le sol. Ce qui effleure nous fouette. Ce qui est simple nous enchante. Ce qui traverse nous transporte. Le beau nous éblouie. La mal nous affaiblie.


Les larmes roulent sur nos joues et nous devenons vulnérables. Nos bras se tendent et le refus nous afflige. Nous embrassons la vie pour qu’elle devienne douce et délicate. Pour que nos baisers ne se laissent esquiver. Pour que nos sentiments puissent se révéler. Pour capter la singularité des détails. La plénitude des silences. Là où tout devient vibrant de sensations, d’émotions subtiles. Nous pouvons aborder notre langage propre, celui des émotions. Une langue perceptive très intime. Une langue où le cœur est toujours à fleur de peau. Une langue où la vulnérabilité peut devenir un don. Un tendon qui nous lie.


L’âme sensible peut se sentir déficiente et inadaptée par rapport aux normes. Parfois, elle se cache. Diluée dans le paysage. Le paysage d’un monde qui nous oblige à être semblable, à réagir de la même manière, à voir la réalité à travers la même vitre. Comme si nous avions tous la même vue. Comme si nous parlions le même langage émotionnelle. Alors que notre vision sensible et imaginative est singulière. Elle est ravivée par l’insensibilité dominante du monde de la raison triomphante.


La raison peut bien se marier avec la sensibilité. Les deux ne sont pas antinomiques. Raisonnablement, la sensibilité peut devenir une source d’expression poétique dans un monde qui en a bien besoin.


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