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19 avril 2020 : On s’en fou, soyons fous


La parole est à la folie. Non pas la démence, mais bien plutôt une « folie heureuse ». Pour déposer mes mots, je m’inspire de la parole de cet homme que j’accompagne au quotidien. Cet homme décrit comme « fou », comme inadapté, comme déviant dans notre société. Mais moi je trouve sa folie pure, transparente et bien plus raisonnable que ceux qui se prétendent « normaux ». Cet homme se pense « fou » et me pense « normal ». Et pourtant je le rassure en lui disant que nous sommes TOUS bel et bien fous. Ne serions-nous pas tous, le fou de quelqu'un ?

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La rationalité de notre société prend en charge la déraison, jusqu'à l'exclusion des « fous » rejetés dans un statut négatif. Et dans ce monde sérieux, qui se prend au sérieux, nous oublions que nous sommes fous. Comme une résistance mentale à la folie, une peur de la folie, une folie sérieuse. Et pourtant... les sages diront qu’il vaut mieux être fou. Je suis parfaitement d’accord.

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Je préfère que ma place sociale soit celle d’un clown, celle qui s’exprime et qui émeut par son comportement décalé, spontané, sans prismes. C’est la place que nous tenions enfant. Quand nous étions innocents et prenions la parole pour sortir un trait d’humour. Quand étions véritablement heureux. Cette place, en grandissant nous pouvons la perdre. Nous pouvons perdre notre légèreté pour un sérieux lourd. Un sérieux qui nous éloigne du clown en nous.

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Et je réfléchis, et j’écris, et je débats sur la folie, le sens dans tout ça. Accepter sa folie ? oui. Et vivre sa folie. Assumer sa folie. Assumer d’être en décalage. Ne pas résister à sa différence. Ne pas aller contre nature et s’insérer dans un rôle qui n’est pas le sien. Ne pas se taire. Je suis folle et c’est en étant folle que je suis heureuse. Etre fou, c'est peut-être avoir perdu l'ordre des raisons ou les raisons de l'ordre.

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On s’en fou, soyons fou.

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